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En route pour le Delta du Danube

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"Nous atteignons le Delta du Danube"
C’est une petite semaine de vélo qui s’annonce au moment où nous quittons Comarnic (et donc les Carpates roumaines), mardi 19 mai. 350 km tout au plus pour rejoindre Tulcea, aux portes du Delta du Danube, avant vendredi soir prochain : facile !
Mercredi 20, surprise ! Nous réveillons Sylvain en chantant « Bon anniversaire » et en lui apportant un gâteau surmonté de trois allumettes en guise de bougies. Il a 26 ans le bougre, ça se fête. On lui offre pour l’occasion un splendide rasoir Bic pour qu’il rase enfin sa barbe qu’il laissait pousser depuis le début de notre périple. Le soir, nous entrons dans un village étrange, moribond. Personne ! Nous longeons une voie ferrée quasi désaffectée où d’horribles corbeaux croassent au dessus de notre tête… Nous continuons. Tout d’un coup, au détour d’une rue, nous découvrons quelques personnes, puis des enfants, des bars. « En fait il est sacrément vivant ce village ! ». Les enfants intrigués nous encerclent et nous nous retrouvons rapidement dépassés par les évènements et cette célébrité subite. Nous passons une bonne heure à discuter, prendre des photos avant de repartir.
Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises. Au village suivant, nous nous arrêtons pour acheter des bières dans une alimentation locale. Un habitant du coin, Duniteriu, à la mine joviale et au ventre bedonnant nous prend tout de suite de sympathie. Après une courte conversation nous comprenons qu’il nous invite chez lui, dans une ferme du village où il vit avec sa mère. Sacré soirée ! Nous discutons avec nos mains (impossible de parler Anglais ou Français), partageons l’omelette qu’ils nous ont cuisinée et offrons un gâteau au chocolat, très apprécié par la mère qui l’engloutie avec gourmandise. Journée d’anniversaire originale pour Sylvain !
e lendemain, levé à l’heure des poules (si si à 5h30 du matin) en même temps que notre hôte. Nous filons jusqu’à Galati, avec au passage, une crevaison de Tanguy qui nous a permis de rencontrer deux apiculteurs très sympathiques. Nous y retrouvons Petruta Moisi, directrice du centre écologique du delta du Danube. Vendredi, après une nouvelle journée pleine de rebondissements, nous atteignons enfin Tulcea où nous retrouvons nos parents et Camille qui sont venus nous rendre visite. Nous passons le WE à visiter le Delta, manger au restaurant, rencontrer deux guides d’écotourisme pour notre reportage et nous baigner dans la mer noire. Quatre jours sans vélo, cocoonés par nos parents : un petit break très sympathique !
Vie quotidienne : "En deux semaines, on nous a proposé 5 fois de nous loger !"
L’accueil et l’hospitalité des Roumains dont nous bénéficions depuis le début se sont confirmés lors de nos dernières étapes. De nombreuses rencontres ont continué à ponctuer nos routes. En deux semaines, on nous a proposé spontanément 5 fois de nous loger ! Notre nuit dans la ferme de Duniteriu, qui nous a offert gîte et couvert résume parfaitement l’accueil chaleureux qui nous est réservé et ce malgré la pauvreté de la population.
Mais tous ces moments forts, vécus lors de ces rencontres contrastent avec les longues heures de monotonie des traversées des plaines roumaines. Rouler 3h de suite sur une nationale rectiligne, sous le hurlement des klaxons des camions qui nous doublent à toute l’allure, n’offre aucun intérêt. Dans ces moments, le lecteur mp3 est notre meilleur ami. Il nous permet d’écouter de la musique et de nous tenir au courant de l’actualité grâce aux émissions de France Inter et apparentées que nous téléchargeons.
Notre petit séjour dans le Delta nous a offert un vrai break. Qu’il est bon de se laisser porter par les parents de Tanguy et Loïc et de ne plus avoir à reprendre les vélos pendant 4 jours. Mais ce break est aussi synonyme de nos dernières journées dans l’Union Européenne, avant de partir à la découverte des pays de l’ex- URSS. Les prémisses de ces nouveaux horizons commencent d’ailleurs à se faire sentir : à table ce n’est plus de la bière que nous offre notre hôte dans le Delta mais un verre de Vodka !
Impressions à chaud : "Ici, beaucoup de pauvreté mais pas la misère"
Une fois passé Comaric, à la sortie des Carpates, nous retrouvons des plaines cultivées, sans grand intérêt. En s'approchant de la Mer Noire, le Danube fait un coude vers le nord et sépare la Dobroga (la partie est de la Roumanie) du reste du pays, avant de se jeter dans la mer. Un seul pont existe pour franchir le fleuve. La nature y est préservée, plus sauvage et le relief est plus marqué aussi. La Dobroga est la première région de Roumanie à avoir subit l'influence de la Rome Antique. C'est par là qu'est arrivée la langue latine en Roumanie à l'antiquité, on y trouve de très nombreuses traces de villes romaines.
Aujourd'hui, les habitants du delta du Danube donnent l'impression de vivre en autarcie tant l'accès y est difficile. On ne se rend dans le delta que par bateau. Le tourisme et la pêche ont permis à quelques villages de se développer, mais d'autres restent très pauvre. Cependant il flotte dans ces villages du delta une douceur de vivre, et comme souvent en Roumanie, pauvreté ne veut pas toujours dire misère.
Le delta est classé au patrimoine mondial de l'humanité et regorge d'une richesse faunistique et floristique inépuisable. Menacé par certaines formes de chasses ou de pêches barbares, et par les projets touristiques insensés de quelques politiciens d'hier comme d'aujourd'hui, le delta est une zone d'intérêt européen qu'il faut à tout prix protéger.
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