Chronique d’une traversée de l’Allemagne, de Freibourg à Passau
Le 12 Avril nous sommes rentré en Allemagne afin de rejoindre Fribourg. Les deux jours suivants nous avons visité les éco-quariers de Vauban et Rieselfeld puis nous sommes partis rejoindre le Danube, de l autre coté de la Foret Noire, que nous suivrons tout au long de ces 2.840 km...
650 km contre vents et montées au pays des champs de houblon.
Mercredi midi nous partons de Freiburg avec un jour et demi de retard afin de nous attaquer à notre première étape allemande qui s’avère être une étape de montagne puisqu’il nous faut traverser la Forêt Noire. Après une interminable montée nous passons un col à 1.050m d’altitude où Loïc, en bon Breton d’adoption, s’extasie devant une plaque de neige.
Le col passé, nous plongeons vers Donaueschingen où nous pouvons apprécier la source du Danube et savourer une bière bien méritée, alors que le soleil disparaît derrière les montagnes que nous venons de franchir. S’ensuit 35 km de vélo alors que la nuit vient de tomber et que la faim se fait sentir. Lorsque nous arrivons à Tuttlingen affamés à 11h du soir nous sommes accueillis chaleureusement par Franck, un ami d’ami de Loïc chez qui nous « engloutissons » un plat de Spetzle, spécialité du coin. Le lendemain nous enfourchons nos vélos pour notre première journée le long du Danube. Sylvain et Tanguy profiteront de cette étape pour sortir leurs chaussons et faire une grosse séance de grimpe, avant de se lancer dans une spéciale de 25 km sous la pluie (la première !) à la poursuite de Loïc qui avait pris les devant…
Jeudi sera marqué par le passage symbolique des 1.000 km ! Nous les fêtons dignement à coup de bière allemande juste avant de rejoindre Ulm où nous retrouvons Muriel. Elle nous accompagnera jusqu’à Ingolstadt, au cours de deux étapes où nous devrons affronter successivement la pluie et le vent de face dans les grandes plaines du Danube.
Après avoir longés les gorges du Danube à Kelheim, nous arrivons lundi soir à Regensburg à la recherche de la gare pour prendre un train pour Passau (160 km plus loin) afin de pouvoir être à temps à Vienne pour notre reportage du 24 Avril. Par chance, nous rencontrons Luisa qui nous accueille chez elle et nous fait visiter la ville. Nous prenons finalement le train le lendemain matin, tout beau tout propre après cette semaine de bivouac dans la campagne allemande. En début d’après midi, enfin, au détour d’une piste cyclable, alors que les routes de Bavière se sont arrêtées depuis quelques kilomètres, nous passons tranquillement la frontière autrichienne…
Beaucoup de changement dans notre mode de vie, nous entrons dans le voyage !

Et oui, après avoir profités des nombreux contacts français que nous avions au cours de notre route, nous avons connu pendant toute cette semaine la joie des premiers bivouacs : recherche d’un coin plus ou moins tranquille à 11h du soir, montage de la tente, cuisine au réchaud, toilette dans un étang, séchage de linge sur les vélos, soirée au coin du feu, guitare, harmonica, séance de cerf volant...
Un autre grand changement : la langue ! Loic et Sylvain ne connaissaient pas un mot d’allemand, Tanguy se basait sur ses souvenirs de lycée… demander sa route, la boulangerie, les distances entre deux villes, tout est devenu bien plus compliqué. Surtout qu’en campagne, peu de gens pratiquent l’anglais ! Chose amusante, dès la première phrase prononcée, en allemand ou en anglais, tout le monde reconnaissait, derrière note casquette et nos lunettes de soleil, trois petits français en vadrouille. Une histoire d’accent il parait !
Enfin, l’arrivée de la pluie et le vent de face ! Nous croyions beaucoup en notre chance du début, (peut être un peu trop ?) de parcourir nos 10 000 km sous le soleil avec le vent dans le dos. Il a bien fallu se rendre à l’évidence, ça n’était pas possible. Mais ces trois jours sous la pluie à se battre contre Eole se sont plutôt bien passés : le moral en prend un coup certes, mais nos équipements (puncho, guêtres, gore-tex) sont vraiment au point et au final, même si les paysages défilent moins vite, nous sommes toujours arrivés à destination !
L’Allemagne au fil du Donau
Vue du Danube, l’Allemagne nous révèle plusieurs de ses facettes. Les toits sont couverts de panneaux solaires, les réseaux de pistes cyclables très développés : on pourrait croire que les allemands sont très écolos. En vérité, sur la route les grosses berlines allemandes sont les reines. Gare au cycliste qui sort des trottoirs et des pistes, il sera rappelé à l’ordre à coup de klaxon. Au feu rouge tous les cyclistes allemands s’arrêtent, mais nous restons des latins…
Le Danube prend sa source à Donaueshingen à 678m d’altitude avant de déferler à travers l’Europe sur 2840 km. S’il naît officiellement au Donauquelle près d’une Eglise au cœur de la ville, il est en fait la confluence de deux rivières qui se disputent sa paternité. Il s’enfonce d’abord dans une magnifique vallée très encaissée sur une cinquantaine de kilomètres, avant de serpenter dans une plaine ou on cultive le houblon. Il est alors souvent canalisé, son lit est élargit par quelques barrages pour faire fonctionner les nombreuses centrales hydro-électriques qui le jalonnent. En se rapprochant de l’Autriche, le relief redevient plus marqué… quels dénivelés nous attendent de l’autre côté de la frontière ?
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