Du 15 au 19 juillet : De la frontière à Ulan Baatar PDF Imprimer Envoyer

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Dans l'immensité des steppes mongoles


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Chronique : "Nous fêtons nos 5000 km un soir au sommet d’une colline, moment magique, une vue infinie, le vent qui fouette nos visages…"

Nous arrivons à la frontière à 12h en ce mercredi 15 juillet. On passe sans problème, doublant les voitures et remplissant rapidement le formulaire d’entrée en Mongolie. Dernière nous arrive Libor, un tchèque qui lui aussi est à vélo ! Mais lui voyage tout seul et beaucoup plus rapidement : il est parti fin mars et atteindra bientôt 10 000 km. En fait, il veut rejoindre le Vietnam et revenir en république Tchèque par la partie Sud, entendez l’Inde, le Pakistan, l’Iran etc… Un parcours de 30 000 km qu’il compte bien combler en 12 mois tout juste. Bref, nos 5000 km que nous allons bientôt franchir nous paraissent bien ridicules.
A la sortie du premier village, des enfants nous suivent à vélo pendant quelques kilomètres. Nous voyons les premières yourtes, les collines à pertes de vues, les steppes infinies. La route est bonne et nous avançons tout en discutant avec Libor. Le soir, nous passons une rivière, le paysage est superbe. Nous montons sur une colline, nous battons avec les moustiques et passons une agréable soirée au coin du feu à jouer de la guitare. Pour Libor, c’est la première fois qu’il dort avec d’autres gens et semble ravi de changer un peu de mode de vie.
Mongolie (17)Les deux jours suivant, le paysage est toujours aussi grandiose et vide d’habitation. Quelques yourtes tout au plus, des cavaliers au loin qui dirigent leur troupeaux, de petites villes de quelques milliers d’habitants tous les 50 km. Nous fêtons nos 5000 km un soir au sommet d’une colline, moment magique, une vue infinie, le vent qui fouette nos visages…   

Nous arrivons finalement vendredi 17 à Bornuur, à 100 km d’Oulan Bator après s’être battus toute la journée contre le vent les montées et la pluie qui fait rage. Nous devons y retrouver Amgalan Bayar, trentenaire mongole qui vit en France depuis 6 ans et qui a monté avec sa femme Audrey, un projet de culture de l’échalotte biologique dans le village de Bornuur. Objectif, apporter une source de revenu supplémentaire à 5 familles des alentours, et les inciter ainsi à continuer à vivre dans les campagnes.
Nous n’arrivons finalement que le dimanche soir à Oulan Bator. Cela sonne pour moi la fin de la première étape de mon projet ainsi que mes derniers kilomètres à vélo !
Mais avant, l’heure des aux revoir, je profite de ma dernière semaine avec Tanguy et Loic. Le 22 juillet, nous sommes aussi rejoints par ma mère, ma tante et mon frérot, qui viennent passer 3 semaines en Mongolie. Thomas nous rejoint quant à lui le 24 pour reprendre le flambeau, heu… non, le vélo !

Vie quotidienne : « Y'aurait-il autant de façon de voyager que de voyageurs? »

Déjà en Sibérie, les moustiques commençaient à nous gâcher certaines soirées. Les premières nuits mongoles se sont passées sous la tente, nous privant ainsi du ciel magnifique qu’offre les steppes mongoles au coucher du soleil. Heureusement, passé un col mystérieux, les moustiques ont disparu...
Mongolie (7)Les restaurants mongoles ne coûtent rien, 1 à 2 euros pour un plat, et nous mangeons donc du mouton à chaque repas, plus besoin de cuisiner. Ce nouveau rythme de vie ne semble pas convenir à notre compagnon Tchèque d'un jour. Libor a 30 ans, et ne voyage qu'avec un seul objectif : arriver seul au bout de son périple de 30 000 km en Asie. Il fait trois fois plus de vélo que nous ce qui laisse peu de place à la découverte des gens et des pays traversés. Il ne mange pas de viande, et surtout pas dans les restos locaux, ses repas se composent essentiellement de pain et de fromage qu'il mange seul sous sa tente. Il recherche la solitude, rencontre peu de monde et craint toujours pour sa sécurité et surtout pour ses affaires. Contrairement à nous, personne ne garde son vélo lorsqu'il fait ses courses ! Mais son obsession sécuritaire est parfois extrême : il ne veut pas faire de cheval de peur de tomber et de gâcher son voyage par une chute. Bien que nous voyagions à vélo comme lui, sa conception du voyage est diamétralement différente de la notre : n'y a-t-il pas autant de façon de voyager que de voyageurs?

Des voyageurs au long cours, nous en rencontrons tous les jours depuis Irkoutsk : est-ce qu'ils se sont tous donner rendez-vous ici. L'ambiance de notre guest house à Oulan Baator n'en est que plus joyeuse et enrichissante : nous embarquons tous les soirs les australiens, les canadiens, néo zélandais, israéliens de passage. Notre anglais fait des progrès !


Impressions à chaud : "Des steppes à pertes de vue où les animaux sont plus nombreux que les habitants."

L’arrivée en Mongolie fut marquée par la disparition de la Taïga au profit des grandes steppes vertes. Seule la route rectiligne qui s’étire à perte de vue coupe ces formes arrondies. L’immensité qui nous fait face reflète exactement l’image de la Mongolie à laquelle nous nous attentions. Avec ses 2 millions d’habitants, dont la moitié vit à la capitale, pour une superficie 3 fois supérieure à celle de la France, la Mongolie est très faiblement peuplée. Il n’est donc pas rare de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres sans rencontrer personnes.


Mongolie (16)Heureusement notre regard s’accroche aux innombrables troupeaux qui parsèment le paysage, et notre esprit se laisse transporter à la vue des cavaliers qui chevauchent les steppes au galop. Ici moutons, chèvres, vaches et chevaux se mélangent dans une infinité de taches blanches, noires et beiges sur fond vert fluo.
Les villes contrastent énormément avec la beauté des steppes. Les immeubles datant des années soviétiques cohabitent avec les « quartiers palissades » où les yourtes si fières dans la steppe apparaissent ici comme des habitations précaires. Oulan Bator est d’ailleurs la seule ville qui mérite un tel nom. L’afflue des populations rurales à la recherche d’un travail viennent gonfler la périphérie. La ville se développe donc à grande vitesse sans aucune cohérence architecturale. La voirie est défoncée et après chaque orage les routes se transforment en de véritables piscines.
Les mongoles sont un peuple très accueillant et expressive. La grande majorité des voitures que nous croisons ne manquent pas de nous klaxonner ou de nous faire des appels de phares pour manifester leur soutient. Voir des &aquo; russes de France » voyager sur des chevaux de fer ne manque pas de soulever leur curiosité. Malheureusement, nos échanges sont plus que limités. Le russe nous paraissait déjà incompréhensible, mais le mongole nous semble tout simplement insurmontable !

 

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