Du 27 Octobre au 5 Novembre : 7 jours au Tibet. PDF Imprimer Envoyer

Le 27 octobre, je rejoins la gare de Chengdu avec 10 compagnons de voyage. 2 jours plus tard nous arrivons à Lhassa et nous nous immergeons pendant deux jours au milieu des tibétains et pèlerins. Puis nous embarquons dans un bus qui nous permettra de rejoindre la frontière népalaise en 5 jours à travers les plateaux arides du Tibet. Sur la route nous longeons le lac turquoise de Yamdrok-Tso, visitons les villes de Gangthse et Shigaste, ainsi que leurs monastères et montons au camp de base de l'Everest.

Lhassa

Tibe (1)Le 27 octobre, je rejoins la gare de Chengdu avec 10 compagnons de voyage. Et oui, il est impossible de voyager seul au Tibet. Guide et transport privé sont obligatoires, ainsi que plusieurs permis selon les zones visitées. Le but du jeu consiste donc à se regrouper avec d’autres « backpackers » afin de partager les coûts de l’agence. : plus on est et moins c’est cher. C’est avec un melting-pot de nationalités (anglais, néozélandais, italiens, israéliens et bien sûr français), qui je prends place dans le train qui rejoint Lhassa en 44 heures. .
L’accès au train pour Lhassa ressemble  à un embarquement pour un vol international. Il faut présenter ticket de train, passeport et permis pour pouvoir accéder à la salle d’attente. Non sans auparavant  avoir passé son sac aux rayons X. L’accès au train se fait ensuite par une porte d’accès indépendante du reste de la gare – pas moyen de gruger !

Après deux jours et deux nuits passés dans le train - qui m’ont rappelé le transsibérien - nous arrivons enfin à Lhassa. Nous nous faisons récupérer par le bus de l’agence qui nous emmène dans un hôtel dans la partie « chinoise » de la ville (sic). Et oui, la « colonisation chinoise » de Lhassa est flagrante. Le quartier tibétain (c’est dur à écrire mais c’est la réalité), ne représente qu’une petite partie de la ville. Le reste de la ville est similaire à  n’importe quelle ville chinoise, voir à certains endroits beaucoup plus moderne que Chengdu par exemple.

Barkhor le cœur du Tibet

Tibe (2) Heureusement, le quartier de la vielle ville « Barkhor » est magnifique et sa découverte se fait au milieu des pèlerins et locaux  qui font des circumambulations autour du temple Jokhang et se prosternent devant.
C’est dans ce quartier que je rencontre deux jeunes tibétains qui étudient en 1er année d’Anglais à l’université. Lui, 24 ans, veut devenir moine car il dit vouloir accumuler des bons karmas. Contrairement à l’argent qui sera inutile après la mort, accumuler des « bons Karmas » permet  de raccourcir le cycle des réincarnations et d’atteindre le Nirvana. Elle, 19 ans, est handicapée (en chaise roulante). Elle espère devenir professeur d’informatique, car cela n’a pas d’importance pour son handicape.  Ils m’invitent dans une teashop, car ils veulent discuter et pratiquer leur anglais, autour d’un verre de « sweet tea » (thé au lait de vache sucrée). La conversation qui avait commencé sur des thématiques très générales dévie rapidement vers des sujets plus « politiques ».  J’apprends notamment que Chinois et Tibétains ne se parlent pas en dehors des relations purement commerciales,  que la vie des tibétains dans les village est très dure, et que la construction des routes ou des maisons des chinois apporte du travail non qualifié aux tibétains, alors que tous les postes de direction sont pourvus par des chinois, …
Ils me disent aussi que peu d’étrangers prennent le temps de discuter avec eux. Soit parce qu’ils doivent suivre le groupe qui n’attend pas, soit parce qu’ils ont peur que ces deux jeunes soient des voleurs ou des espions (sic). Alors que je suis en train de leur demander plus de renseignements sur ces fameux « espions » et sur les risques encourus pour les occidentaux et les tibétains, un soldat fait éruption, mitraillette à la main, dans le teashop. La réaction est immédiate, nous nous redressons tous les trois sur nos chaines et embrayons instantanément sur tout ce qui il a de plus banale : « La soupe est-elle bonne ? », « Oui, très bonne, j’aime bien la nourriture tibétaine,…. ». Malgré que le soldat ne soit resté que 2 minutes pour récupérer quelque chose, je n’ai pas réussi à aborder à nouveau les thèmes politiques avant de me séparer de ces deux adorables étudiants.

Le débat.

Le lendemain, nous visitons le monastère de Sera, et assistons à ce qu’ils appellent le « débat ». Les moines se réunissent dans un jardin par petits groupes de tailles variables. Un moine, debout, pose des questions au reste du groupe. Lorsque la réponse est juste il tape dans ces paumes. Si elle est fausse, il tape dans ses mains mais la paume de la main droite tournée vers le haut. Les débats sont très animés, les questions sont posées avec beaucoup d’entrain, mais l’altitude des moines change d’un groupe à l’autre. Certains sont très calmes et concentrés, d’autres semblent attacher beaucoup d’importance à leur réponses, alors que quelques groupes sont agités par de franches parties de rigolades.
Ces débats sont en fait un entrainement, pour une sorte d’examen qui permet aux moines d’accéder à un échelon supérieur dans leur hiérarchie.

De Lhassa à Shigaste

Tibe (20)Après deux jours passés à Lhassa, nous prenons la route pour Shigaste. Le plateau tibétain est un grand dessert, où presque rien ne pousse, à part dans les nombreuses serres que l’on peut apercevoir du bord de la route.  Mais ces paysages minéraux sont captivants. Les roches et la terre offrent de très riches panels de couleurs  variant du jaune au pourpre, se détachant sur un ciel bleu presque parfait. Au détour, d’un col apparaissent parfois un glacier, un sommet enneigé ou un lac avec ses eaux turquoise.
Nous nous arrêtons à la tombée de la nuit à Ganthse  où nous visitons le lendemain la plus grande stupa du Tibet (Monastère de Pelkhor Chöde ). Elle s’élève sur 7 étages et contient  108 chapelles, nombre sacré que l’on retrouve souvent et notamment en comptant les billes qui composent les chapelets de prière bouddhiste.
Puis nous reprenons la route pour Shigatse  où nous visitons le monastère de Tashilhunpo, siège du Panchen Lama, la seconde autorité du bouddhisme tibétain, après le Dalai Lama.

Le camp de base de l’Everest.

Qui n’a pas rêvé de se rendre au camp de base de l’Everest ? Lieu mythique où les alpinistes les plus chevronnés montent le siège avant de se lancer à l’assaut du plus haut sommet du monde (8848m). Du coté Népalais, atteindre le contrefort de l’Everest nécessite entre 10 et 20 jours de trek selon si l’on prend l’avion ou pas. Mais du coté tibétain, l’initiative est beaucoup plus aisée. Le camp de base est accessible par jeep ou bus à condition de disposer des permis qui permettent de franchir les 3 check-points qui se dressent le long du chemin de terre au milieu de nul part. Que peuvent bien redoutées les autorités chinoises dans ces contrées si reculées ?
Nous arrivons le soir au monastère Rongbuk où nous pouvons admirer l’Everest qui se détache au claire de lune. Le lendemain, 1h30 de marche suffissent pour rejoindre le camp de base. Photos de groupe, devant l’Everest et les drapeaux de prières et il nous faut déjà repartir. Le guide est pressé, nous devons passer la frontière le lendemain et il y a encore beaucoup de route à faire. Pas le temps d’aller plus loin, dommage….

Le lendemain nous passons la frontière sans problème. Le visa est fait en 10 min, rien de plus simple. Nous traversons le « pont de l’amitié » et nous nous immergeons dans un tout nouveau monde. Les montagnes vertes remplacent les plateaux arides, l’indouismes prend le dessus sur le bouddhisme, et cette nouvelle culture dans laquelle je m’immerge m’évoquent les images de l’Inde que j’ai en tête. …
Tibe (37)
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