
J’ai troqué mon cheval de fer contre un cheval de chair.
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Le 2 Août, je pars avec mes parents, mon frérot et ma tante en direction de la vallée d’Orkhon. Après une journée à Karakorum, ancienne capitale de la Mongolie, pour y visiter le Monastère bouddhiste d’Erdenezuu, nous rejoignons les chutes d’Orkhon. Elles sont situées à l’Est de la province d’Arkhangaï, une région montagneuse au centre de la Mongolie. De là, nous faissons un tour à cheval de 5 jours dans la magnifique région des 8 lacs (Naiman Nuur) au rythme de nos montures. Au programme : ballades, galopades et baignades dans ces montagnes jonchées de roches volcaniques. Cela a été pour moi l’occasion de me familiariser avec les chevaux mongols et d’apprendre à m’en occuper. Une très bonne entrée en matière et de supers moments passés en famille !
Achat du cheval et premiers pas.
Voila arrivé pour moi le moment d’acheter un cheval afin de commencer mon petit périple. J’avais déjà acheté l’ensemble de l’équipement (selle, licol, sacoches, rennes, etc..) au « marché noir » d’Oulan-Bator. Mougly, le propriétaire des chevaux, me propose deux solutions : soit un cheval très bien éduqué et « indépendant » mais à la limite de l’anorexie, soit un autre beaucoup plus en chair mais beaucoup « sauvage ». Vu mon inexpérience, j’opte pour le premier cheval, d’autant plus que c’est celui que j’avais monté lors des 5 jours que nous avions passé aux 8 lacs.
Le lendemain toute la petite famille repart en direction de la capitale, et je me retrouve seul au milieu de nul part avec ma monture nouvellement acquise et mes sacoches. Après quelques derniers préparatifs, je pars avec « Hurrien » (c’est comme ça que je l’ai baptisé) direction plein Ouest, bien décidé à remonter la vallé d’Orkhon. « Hurrien » est en fait la « francisation » de “ хурэн морь” qui signifie cheval marron en Mongol.
.JPG) Les deux premiers jours seront un apprentissage permanent. D’abord il me faudra vaincre les humeurs de mon cheval, qui n’a qu’une envie, celle de revenir d’où on vient. C'est-à-dire au camp. Il me faudra ensuite trouver les endroits adéquats pour le faire manger et boire (je me suis promis d’essayer de le faire grossir pendant le voyage). Très vite je vais me rendre compte qu’il est trop faible pour me porter toute la journée en plus des sacoches pendant 15 jours. Je m’en servirai donc à mi-temps comme cheval et à mi-temps comme cheval de bât. Ca me permettra de marcher et ce n’est pas plus mal ! A la fin de la seconde journée, je décide de faire 2 jours de repos. Cela fait en effet presque 7 jours consécutifs qu’il ne s’est pas vraiment reposé. Ca sera aussi pour moi l’occasion d’aller me balader dans les montagnes avoisinantes, de lire et de faire une lessive…
De yourte en yourte, je progresse doucement dans les vallées de l’Arkhangaï.
Après ces 2 jours de repos je repars d’un pas décidé en direction des lac Salvidoz, situé à presque 3000m d’altitude. De là, je pensais pouvoir basculer de l’autre coté d’une chaine de montagnes qui me barre la route. Après avoir tchatché et partagé un thé avec une famille nomade, et alors que je viens de passer l’avant dernière yourte de la vallée, un gros orage de grêle s’abat sur moi. Je trouve alors refuge chez la famille Munkhtor qui m’accueille les bras ouverts. Heureusement pour moi la sœur, qui étudie à UB, parle un peu anglais. Cela m’a permis de lui poser plein de questions sur leur mode de vie.
.JPG) Le lendemain je reprends la route en direction des lacs mais avec un autre cheval et accompagné de deux nouveau compagnons (le jeune fils et un copain à lui). En effet, ils ne m’ont pas laissé partir seul : c’est, disent-ils, trop dangereux (à cause des loups paraît-il) et mon cheval est trop faible pour monter jusque là-haut. Il vaut mieux qu’il repose … (encore ??) Je passerai donc la nuit au bord du lac avec mes nouveaux compagnons à essuyer une grosse tempête de neige/grêle. Le lendemain, on retourne dans la vallée, où je reprends mon cheval et pars plein Nord afin de rejoindre une vallée parallèle qui devrait me permettre d’accéder au col.
Apres deux longues journées supplémentaires dont une à galérer avec le cheval dans un pierrier, j’arrive enfin à passer le col. Dans cette nouvelle vallée, les rencontres avec les nomades se sont succédées, que ce soit juste pour prendre un thé, goûter leur Araig (lait de jument fermenté) ou bien partager avec eux une soupe aux nouilles et me faire héberger. Il m’a ensuite fallut 3 jours supplémentaires et le passage de deux autres petits cols pour rejoindre Tsetserleg. C’est depuis cette toute petite ville que je suis revenu sur Olan Baator après avoir revendu mon cheval après une vingtaine de jours magnifiques à parcourir ces montagnes mongoles.
Impressions à chaud : Les nomades sont un peuple super accueillant et chaleureux
.JPG) Les mongoles et tout spécialement les nomades sont très accueillants et chaleureux. Je ne compte pas les innombrables fois où je me suis fait inviter spontanément pour partager un thé ou pour dormir chez eux. Les rudes conditions de vie et du climat y sont très certainement pour quelque chose : ici l’hospitalité est reine ! Les relations sociales sont très développées. Lors de mes séjours dans les yourtes, de très nombreux voisins plus où moins proches se sont succédés. Ils rentrent dans la yourte sans aviser et s’assoient à gauche. La « femme de maison » leur sert alors du thé et leur présente une assiette avec quelques « friandises » (Urum, Aruul, beignets,…). En générale, ils y touchent à peine, c’est essentiellement pour la symbolique.
Par contre, il y a très peu d’intimité dans la yourte. Et ceci, que se soit au sein de la famille (pas de cloison) ou par rapport aux autres nomades (n’importe qui peut faire irruption n’importe quand dans la yourte, ou presque). Les femmes sont actives en permanence. Le matin, elles se lèvent et préparent le thé, puis vont traire les yacks et autres animaux. La journée est destinée à la fabrication des produits laitiers (voir ci-dessous) ainsi qu’à faire la cuisine et la lessive. Le soir la traite se termine souvent après la tombé de la nuit. Les hommes ont une vie beaucoup plus cool (en été du moins), leur tache principale se résumant à regrouper le troupeau le soir et couper le bois (dans les régions où il y en a). Certains hommes participent cependant à la traite des animaux.
Les produits laitiers et la viande.
Toute la vie des nomades mongoles est basée sur les produits de leurs troupeaux. La viande est soit mangée cru soit séchée pour l’hiver. Elle est essentiellement consommée avec des soupes aux nouilles.
Les dérivés du lait sont quand à eux très nombreux. Parmi les plus classiques on compte :
L’Urum ou « beurre blanc »
- L’Aruul : lait caillé puis séché au soleil pour faire des sortes de biscuits super secs.
- Le Byaslag : fromage super sec et sans goût
- Le yaourt, vraiment délicieu
- Le Thé qu’ils préparent toute au long de la journée. C’est en fait plus du lait au thé que l’inverse
- L’araig, ou « bière blanche » qui est obtenue par fermentation du lait de jument
- L’Arkhi ou « vodka de lait » qui est obtenue par distillation de l’airag
C’est essentiellement l’Urum, l’Aruul, le Byaslag et la vodka ainsi que la viande séchée qui sont vendus sur le marché en hiver et qui représentent la principale source de revenue de ces nomades.
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