Suite à notre mésaventure à la frontière Serbe qui nous a obligés à dévier du Danube pour rejoindre directement la Roumanie, nous avions deux possibilités. Soit nous rejoignons le Danube au niveau des Portes de Fer et le suivons jusqu’au Delta, soit il nous faut passer par le centre de la Roumanie au cœur des Carpates. La décision a été rapidement prise, nous choisissons les montagnes pour éviter la monotonie des plaines. Bien nous en a pris, malgré les quelques cols que nous devons franchir….
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Après un WE bien reposant à Timisoara, nous voici de nouveau sur la route. La nationale que nous empruntons est très roulante et assez dangereuse, nous avalons les 60 km jusqu'à Lugoj. Les deux jours suivants se ressemblent, la route est toujours aussi peu agréable, La circulation est perturbée par de nombreux travaux et nous sentons la nervosité des routiers.
Arrivés à Sibiu, en visitant une Église orthodoxe, nous faisons la connaissance d'Alex et Augustin. Ils n'ont que 20 ans et veulent devenir prêtre et moine! Ils nous invitent à passer la nuit dans le dortoir du séminaire où on leur enseigne la théologie. Nous passons la soirée avec eux et d'autres séminaristes à discuter des cultures et des religions de nos pays respectifs, ils nous racontent leurs convictions, leur mode vie, leur engagement. « Très tôt j'ai su que je voulais être moine, nous dit Augustin, malgré les sacrifices que cela suppose, mais au départ je voulais être moine bouddhiste. Je me suis vite aperçu qu'on ne pouvait être bouddhiste en Roumanie, aussi je me suis retourné vers ma religion d'origine, chrétien orthodoxe. Prier et aider les autres sont les seules choses que je sache faire ». Après la douche, Jean nous emmène dans un petit restaurant. C'est lui qui a fait déménager ses copains de chambrée pour que nous puissions rester cette nuit là ! Mais, il ne veut pas être prêtre ou moine. Cet institut, qui accueille de nombreux boursiers au mérite, doit avoir une bonne réputation dans le pays pour que d'autres jeunes comme lui viennent ici suivre leurs études, avant de pratiquer un autre métier. L'Eglise orthodoxe nous a ainsi paru résolument ouverte, moderne et jeune. Le lendemain, nous quittons la grande route pour prendre un chemin qui nous conduira en deux jours à travers des villages Tziganes isolés jusqu'à Brasov.
Nous visitons Brasov le vendredi soir et partons au sud pour un WE sportif dans les Carpates : escalade en falaise avec des grimpeurs roumains le samedi et randonnée le dimanche avec Christian et Andrea, des amis de Larry, notre couch surfeur de Timisoara. Le dimanche soir nous sommes hébergés (et lavés!) dans un centre de soutien scolaire à Cormanic. Nous rencontrons le lundi matin de jeunes élèves roumains d'une dizaine d'années à qui nous apprenons quelques mots de Français et une comptine bien de chez nous : « mon coq est mort, mon coq est mort»
Vie quotidienne : Face aux premières chaleurs ... nous trouvons refuge dans les Carpates
Le mois de mai avance et les premières chaleurs arrivent ! Nous l’avons indéniablement ressenti tout au long de cette semaine. Du coup, nous avons plus ou moins abandonné nos cuissards (source de transpiration insoutenable) et roulons maintenant torse nu les cheveux au vent. Gare aux marques de soleil provoquées par nos sacs à dos !
Le soir par contre, c’était très agréable. Nous avons dormi deux nuits en pleine montagne, profitant de l’air frais, du silence et des grands espaces. Qu’il est agréable de bivouaquer ainsi après une grosse journée de vélo !
Niveau nourriture, notre gros problème reste les pique-niques du midi. Nous mangeons froid pour gagner du temps, mais il est vraiment difficile de se ravitailler dans les épiceries de village. Le choix est très limité, voir inexistant. Malgré tous nos efforts pour apprécier la nourriture locale, nous devons reconnaître qu’en matière de saucisse/fromage, les roumains ne sont pas les champions… Le soir par contre, nous profitons souvent des nombreux restaurants très bon marché des villes des Carpates pour goûter les plats traditionnels roumains : bien sympathique !
Enfin, nous commençons à faire très attention à la qualité de l’eau de robinet roumaine, qui nous a semblé plus d’une fois louche. Nous utilisons pour l’instant des pastilles et achetons quelques bouteilles en plastique.
Impressions à chaud : quel bonheur de retourné dans un pays "latin"
La Roumanie, « île latine au milieu d’un océan de pays slaves » comme aiment le faire remarquer les roumains, est avant tout une terre de contraste. Alors que les villes ressemblent beaucoup à leurs homologues françaises, les petits villages à l’écart des nationales sont restés très ruraux et l’influence « occidentale » ne se fait encore que très peu sentir. Par contre, entre Brasov et Bucarest, zone très fortement touristique qui abrite dans ses belles montagnes le château de Dracula, les villages paraissent beaucoup plus riches et modernes.
L’accueil en ces terres latines est fort différent que celui que nous avions observé en Hongrie par exemple. Ici, tout le monde nous salue lorsque l’on traverse un village, nous posent des questions sur notre voyage, tente de discuter avec nous malgré notre niveau de roumain proche de zéro. Nous nous sommes aussi beaucoup fait accueillir pour pouvoir prendre une douche et nous offrir une chambre ou une « salle de danse » où poser nos sacs de couchages. Bref un véritable changement, que nous apprécions grandement !
Autre vision forte de la Roumanie vu depuis la France (parfois très caricaturale) : la présence de nombreux Tziganes. Quelles différences y a-t-il entre les tziganes, les gitans et les gipsies ? En fait, ces termes ont été déformés respectivement via l'Espagnol, l'Italien et l’Anglais du mot "Egyptien", puisqu'on a longtemps crus qu'ils venaient d'Egypte. En réalité les « Roms », qui signifie « homme » en hindî, sont originaires d’Inde et peuplent maintenant de nombreux villages et villes roumaines. Dans certains villages que nous avons croisés nous avons pu admirer leurs habits traditionnels : grands chapeaux pour les hommes et belles robes de « bohèmes » pour les femmes.
En Roumanie l’agriculture reste d’ailleurs très peu mécanisée, l’agriculture extensive y est peu présente (du moins dans le centre du pays) et beaucoup de paysans (car nous ne pouvons pas parler d’agriculteurs) travaillent encore leurs champs à l’aide d’une simple bêche. Il en va de même pour les routes. Ici, les autoroutes sont presque inexistantes et les routes en très mauvaises état. Tout le trafic entre Bucarest et Budapest se concentre donc sur les nationales qui se transforment pour nous en un vrai cauchemar.
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